VITAMINE C - ACIDE ASCORBIQUE - VITAMINE C LEVOGYRE - ACIDE L-ASCORBIQUE - VITAMINE C POUDRE - VITAMINE C NATURELLE
VITAMINE C ET CALCULS RENAUX
Par Maurice Nicole, ND.A., aromathérapeute
Quoique fausse,
l’idée que la Vitamine C puisse causer des calculs
rénaux est l’une des histoires d’horreur préférées des opposants aux doses
optimales de Vitamine C.
Elle repose sur
une hypothèse théorique plausible mais totalement invalidée par les faits.
On n’a jamais observé de calculs rénaux chez les personnes consommant des doses élevées de Vitamine C pendant de longues années. La Vitamine C a même été utilisée avec succès pour traiter les calculs rénaux.
Cette association
erronée entre la Vitamine C et les calculs rénaux a
pour origine une compréhension incomplète de la biochimie de la
Vitamine C. En tant qu’antioxydant, la
Vitamine C peut céder 2 électrons pour neutraliser
un radical libre et se transformer en acide déhydroascorbique (ADHA). A son
tour, l’ADHA peut se dégrader successivement en acide dikétogulonique, acide
lyxonique, xylose, acide thréonique et acide oxalique. Donc, à première vue, il
peut sembler logique de penser qu’une consommation élevée et prolongée de
Vitamine C puisse accroître la formation de calculs
rénaux d’oxalate de calcium.
Cependant, les
recherches démontrent qu’il n’en est rien. En effet, les chercheurs Takenouchi
et collaborateurs (1966) ont démontré que 80 % de la
Vitamine C absorbée est éliminée sous la forme d’ADHA et non sous la
forme oxalique. Ils ont également prouvé que plus on augmente la dose de
Vitamine C, plus on augmente l’excrétion d’ADHA. En
1981, Schmidt et collaborateurs ont établi que même si on augmente le dosage de
Vitamine C, la synthèse d’acide oxalique se
stabilise et plafonne.
Deux études
exhaustives, menées à Harvard, par l’équipe de Curhan en 1996 et 1997 ont
indiscutablement démontré que la Vitamine C ne
contribue pas à la formation des calculs rénaux et mieux encore, qu’elle en
réduit même le risque. La première étude portait sur 45 251 hommes et s’est
échelonnée sur 6 ans. La deuxième portait sur 85 557 femmes pendant 14 ans.
En 1997, Gerster,
statistiques à l’appui, a établi que l’augmentation de la consommation de
Vitamine C diminue le risque de calculs rénaux. En
1999, approfondissant cette analyse, Simon et Hudes ont établi que chaque 1 mg /
dl d’augmentation de Vitamine C dans le sang est
accompagné d’une réduction de 28 % du risque de calculs rénaux.
Le Dr Robert
Cathcart, au cours de sa longue et fructueuse carrière, a soigné plus de 20 000
patients souffrant de sida, cancer ou hépatites, avec des doses de
Vitamine C pouvant atteindre plus de 200 g par
jour, par voie buccale ou intraveineuse, sans le moindre cas de calculs rénaux.
Enfin, en
Australie, 100 médecins ont administré à leurs patients cancéreux jusqu’à 300 g
de Vitamine C par jour par voie intraveineuse. Dans
la majorité des cas, ils ont obtenu des résultats spectaculaires, sans aucune
lithiase rénale et sans aucun effet secondaire, si ce n’est, pour reprendre
leurs mots, « une bonne santé chronique » !
Les vrais facteurs de risque des calculs rénaux
Alors qu’on incrimine à tort la Vitamine C, on a facilement tendance à escamoter les vrais facteurs de formation des calculs rénaux. Plus d’une soixantaine de facteurs de risque ont été répertoriés et documentés dans la littérature médicale. En voici un aperçu :
- Déshydratation
- Insuffisance de fibres alimentaires
- Consommation élevée d’alcool
- Consommation élevée de protéines animales
- Consommation élevée de gras
- Apport insuffisant en calcium
- Déficience en vitamine K
- Apport élevé de sel
- Insuffisance rénale et hémodialyse
- Infections rénales
- Aliments riches en acide oxalique (ex : épinards)
- Hyperparathyroïdisme
- Malabsorption ou résection intestinale
- Apport élevé en sucre
- Diabète
- Sarcoïdose
- Syndrome de Cushing
- Cirrhose
- Insuffisance cardiaque
- Maladie de Crohn
- Fibrose kystique
- Parasitose
- Antibiotiques
- Alitement prolongé
- Excès de poids, etc.
Des rapports alarmants injustifiés
Il existe un
certain nombre de rapports de cas isolés et anecdotiques, qui ont tenté de
relier la Vitamine C à la formation de calculs
rénaux et à l’apparition d’insuffisance rénale. Cependant, aucun de ces rapports
ne prend en compte tous les facteurs de risque énumérés en partie plus haut et
tout le blâme est mis sur le dos de la Vitamine C.
Dans tous ces
rapports, plusieurs facteurs de risque important sont présents mais non
considérés : problèmes rénaux préexistants, nutrition parentérale consécutive à
une résection intestinale, déshydratation, alitement prolongé, prise simultanée
de plusieurs médicaments, consommation d’aliments ou de plantes riches en acide
oxalique.
A titre d’exemple, en 1985, Lawton rapporta le cas d’une femme de 58 ans qui développa de l’insuffisance rénale et des cristaux d’oxalate de calcium dans les reins après lui avoir administré 45 g de Vitamine C par voie intraveineuse. Toutefois, cette femme souffrait déjà du syndrome néphrotique et d’amylose rénale. Avant même de recevoir de la Vitamine C, elle consommait tout un cocktail de médicaments : prednisone, melphalan et busulfan (agents chimiothérapeutiques), furosemide (diurétique), hydrochlorure de trazodone (antidépresseur), doxycycline (antibiotique), levothyroxine (hormone thyroïdienne) et docusate de sodium (laxatif)… Elle était déshydratée et souffrait d’insuffisance cardiaque. Attribuer l’insuffisance rénale et la formation de calculs rénaux à la seule Vitamine C tient du délire !
Conseil pratiques
La
Vitamine C est l’une des substances les plus sûres
qui soit. Aucun autre supplément alimentaire ou médicament n’est autant dénué de
toxicité et d’effets secondaires.
A haute dose, la
Vitamine C produit un effet laxatif. Cette dose
varie d’un individu à l’autre en fonction de son individualité biochimique et de
son état de santé. Pour plus de sécurité encore, voici quelques conseils
pratiques qui vous permettront de profiter de la Vitamine
C à doses optimales, sans vous soucier des calculs rénaux.
N’utiliser que de
l’acide ascorbique ou de l’ascorbate de sodium, de qualité pharmaceutique, sans
colorant, édulcorant ou autres additifs indésirables.
Eviter l’ascorbate
de calcium à dose élevée, le calcium qu’il contient pourrait contribuer à la
formation de calculs rénaux.
Eviter la
déshydratation, boire amplement, de préférence de l’eau de source peu
minéralisée, de l’eau distillée ou purifiée par osmose inversée.
Prendre 200 à 600
mg de magnésium par jour sous forme de citrate de magnésium, idéalement en
combinaison avec 50 à 100 mg de pyridoxal-phosphate (forme active de la vitamine
B6).
Répartir les
prises de Vitamine C au cours de la journée en
plusieurs doses égales et régulières, à des intervalles de 3-4 heures.
En cas de
problèmes rénaux préexistants, demander un avis médical.
Maurice Nicole, naturopathe spécialisée en
aromathérapie et médecine orthomoléculaire,
est président-fondateur de l’Institut d’aromathérapie
scientifique. Contact : www.aromascientifique.com
Références sur demande.